Un hébergement de site web gratuit et durable existe, mais seulement pour un site statique : Cloudflare Pages, Vercel, Netlify ou GitHub Pages le servent sans limite de durée. Pour un site vitrine construit à la souris, Wix, Webflow et Framer offrent un plan gratuit, avec leur sous-domaine et leur badge. WordPress gratuit n'existe que sur WordPress.com, avec de la publicité pour vos visiteurs. Mon choix par défaut : Cloudflare Pages, parce que c'est le seul à ne pas plafonner la bande passante ni interdire l'usage commercial.
Oui, sans limite de temps, si vous hébergez des fichiers statiques et restez sous les quotas de bande passante, de builds et de pages.
La confusion vient du mot « gratuit ». Il recouvre trois réalités très différentes. Les plateformes pour développeurs (Cloudflare, Vercel, Netlify, GitHub) servent gratuitement du HTML, du CSS et du JavaScript déjà compilés : leur coût marginal est faible, elles se rémunèrent sur les équipes qui grossissent. Les constructeurs de sites (Wix, Webflow, Framer) donnent un plan gratuit qui sert de vitrine à leur offre payante : il marche, mais il est conçu pour qu'on en sorte. Et les hébergeurs mutualisés qui annoncent « gratuit » vendent en réalité un premier mois offert.
J'ai eu une leçon coûteuse sur les quotas gratuits. En juillet, la base de données de SaaS Radar a dépassé son quota de transfert : cinq jours d'erreurs 5XX servies à Googlebot, et une chute de visibilité qu'on a mis des semaines à comprendre. Un quota dépassé ne prévient pas toujours. Il coupe. D'où l'angle de cet article : pour chaque offre, le chiffre qui déclenche la coupure ou la facture, et ce que coûte le palier suivant.
Le bon hébergeur gratuit dépend de ce que vous hébergez : fichiers statiques, site vitrine fait sans code, ou WordPress avec base de données.
Trois questions suffisent pour trancher. Votre site est-il généré en fichiers statiques (Astro, Hugo, Eleventy, un export de Next.js) ? Alors une plateforme pour développeurs le servira gratuitement, longtemps. Voulez-vous construire visuellement, sans toucher au code ? Alors c'est un constructeur, et vous accepterez un sous-domaine du type monsite.wixsite.com tant que vous ne payez pas. Tenez-vous à WordPress et à ses extensions ? Alors le gratuit n'existe pas vraiment, il faudra un hébergeur payant.
Si vous partez de zéro et hésitez encore sur l'outil de création, mon comparatif créer un site web gratuit traite la question côté éditeur. Ici, on parle uniquement de l'endroit où le site vit.
Voici les neuf offres gratuites que j'ai utilisées ou épluchées, avec leurs quotas officiels relevés en octobre 2026 dans leur documentation.
Pour qui : tout site statique, y compris un site commercial ou une petite activité qui vend en ligne via un service tiers.
Forces : c'est l'offre la plus généreuse du marché. Selon la documentation des limites de Cloudflare Pages, le plan gratuit autorise 500 builds par mois, 20 000 fichiers par site, des fichiers jusqu'à 25 Mio et 100 domaines personnalisés par projet. Aucun plafond de bande passante n'est documenté pour les fichiers statiques. Le réseau de Cloudflare sert le site depuis un datacenter proche du visiteur, et le domaine personnalisé avec HTTPS est inclus.
Limites : un seul build à la fois, et chaque build s'arrête au bout de 20 minutes. Dès qu'il faut du code côté serveur, on passe par les Functions, qui puisent dans le quota quotidien des Workers gratuits.
Prix indicatif : gratuit pour le statique. Le palier Workers payant démarre à 5 $ par mois quand les fonctions serveur dépassent le gratuit.
Pour qui : un projet personnel en Next.js, un portfolio, un prototype.
Forces : c'est la meilleure expérience de déploiement que je connaisse. On branche un dépôt Git, chaque commit produit une URL de prévisualisation. Le plan Hobby inclut, d'après les règles d'usage de Vercel, 100 Go de transfert par mois, un million d'invocations de fonctions et 4 heures de CPU actif.
Limites : le plan Hobby est réservé à un usage personnel non commercial. Publicité, liens affiliés comme objet principal, vente d'un produit, site facturé à un client : tout cela impose le plan Pro. C'est pour cette raison que SaaS Radar tourne sur Vercel Pro, le site portant des liens affiliés. Autre point : un site Next.js avec rendu serveur consomme du CPU, qui se plafonne vite.
Prix indicatif : gratuit en Hobby, puis 20 $ par mois et par membre en Pro.
Pour qui : un site statique qui se met à jour rarement et reçoit peu de trafic.
Forces : l'interface est simple, les formulaires et les redirections se configurent sans serveur. J'ai détaillé la comparaison complète dans Vercel vs Netlify.
Limites : Netlify est passé à un modèle par crédits, et le gratuit s'est durci. Selon sa documentation de facturation, le plan Free donne 300 crédits par mois, sans report. Un déploiement en production coûte 15 crédits, un Go de bande passante 20 crédits. Faites le calcul : dix déploiements et 7 Go de trafic épuisent le mois. Et quand les crédits sont épuisés, le site est mis en pause.
Prix indicatif : gratuit jusqu'à 300 crédits, puis Personal à 9 $ par mois pour 1 000 crédits.
Pour qui : documentation de projet, blog personnel, CV en ligne.
Forces : zéro configuration si le code est déjà sur GitHub. La documentation des limites de GitHub Pages fixe une taille de site à 1 Go, une bande passante « souple » de 100 Go par mois et 10 builds par heure. Domaine personnalisé et HTTPS inclus.
Limites : GitHub interdit explicitement d'y faire tourner une activité en ligne, un e-commerce ou un SaaS. Le dépôt doit être public sur le plan gratuit. Et le générateur natif est Jekyll, vieillissant ; il faut passer par GitHub Actions pour autre chose.
Prix indicatif : gratuit pour un dépôt public. Publier depuis un dépôt privé demande un abonnement GitHub payant.
Pour qui : un développeur qui utilise déjà Firebase pour l'authentification ou la base de données.
Forces : l'hébergement s'intègre au reste de la suite Google, avec un CDN et le HTTPS. Le plan Spark offre 10 Go de stockage et 10 Go de transfert par mois, d'après la page des quotas Firebase.
Limites : 10 Go de transfert, c'est dix fois moins que Vercel. Au-delà, Firebase accorde une courte période de grâce puis désactive le site jusqu'au mois suivant. C'est exactement le genre de coupure silencieuse dont je parlais plus haut.
Prix indicatif : gratuit sur Spark, puis plan Blaze facturé à l'usage, avec une carte bancaire obligatoire.
Pour qui : un indépendant qui veut un site vitrine en une après-midi, sans code.
Forces : l'éditeur de Wix est le plus accessible du lot, les modèles sont nombreux, le plan gratuit n'a pas de date de fin.
Limites : sous-domaine wixsite.com, bandeau publicitaire Wix sur chaque page, 500 Mo de stockage, et pas de domaine personnalisé. Pour une activité professionnelle, l'adresse et le bandeau suffisent à disqualifier le gratuit. Et migrer hors de Wix plus tard est pénible : le site ne s'exporte pas.
Prix indicatif : plan Light autour de 17 $ par mois en engagement annuel, le prix en euros varie selon le pays.
Pour qui : un designer qui prototype avant de facturer un client.
Forces : Webflow produit un code propre et donne un vrai contrôle sur la mise en page. Le CMS est sérieux.
Limites : le plan Starter est un bac à sable. Deux pages statiques, 50 éléments CMS, 1 Go de bande passante, 50 envois de formulaire sur toute la vie du site, sous-domaine webflow.io. On ne publie pas une entreprise avec deux pages.
Prix indicatif : Basic à 15 $ par mois en annuel, qui débloque le domaine personnalisé et 10 Go de bande passante. J'ai comparé les deux outils de design dans Webflow vs Framer.
Pour qui : une landing page soignée, un portfolio de designer.
Forces : Framer est le plus rapide pour obtenir un rendu moderne avec des animations, et son plan gratuit est moins bridé que celui de Webflow sur le nombre de pages.
Limites : sous-domaine Framer, badge Framer, 1 Go de bande passante par mois. Une landing partagée sur un réseau social peut atteindre ce plafond en quelques jours si elle embarque des vidéos.
Prix indicatif : Basic à 10 $ par mois, avec domaine personnalisé et 50 Go de bande passante.
Pour qui : un blog personnel, sans ambition commerciale.
Forces : c'est le seul vrai WordPress gratuit. L'éditeur est celui de WordPress, les mises à jour et la sécurité sont gérées pour vous, 1 Go de stockage.
Limites : WordPress.com affiche ses publicités à vos visiteurs, impose monsite.wordpress.com et n'autorise aucune extension sur le plan gratuit. Pas de Yoast, pas de formulaire avancé, pas de WooCommerce. C'est un WordPress amputé de ce qui fait l'intérêt de WordPress.
Prix indicatif : Personal à 4 $ par mois en annuel, sans publicité et avec un domaine offert la première année. Les extensions demandent un plan plus cher.
Ce tableau résume les quotas officiels des plans gratuits et le prix du premier palier payant, relevés en octobre 2026.
| Offre | Type de site | Bande passante gratuite | Domaine perso gratuit | Usage commercial | Premier palier |
|---|---|---|---|---|---|
| Cloudflare Pages | Statique | Non plafonnée (statique) | Oui | Oui | 5 $/mois (Workers) |
| Vercel Hobby | Statique, Next.js | 100 Go/mois | Oui | Non | 20 $/mois/membre |
| Netlify Free | Statique | ~15 Go si aucun déploiement | Oui | Oui | 9 $/mois |
| GitHub Pages | Statique | 100 Go/mois (souple) | Oui | Non | Abonnement GitHub |
| Firebase Spark | Statique, app | 10 Go/mois | Oui | Oui | Blaze à l'usage |
| Wix | Vitrine sans code | Limitée | Non | Bandeau Wix | ~17 $/mois |
| Webflow Starter | Vitrine design | 1 Go/mois | Non | 2 pages | 15 $/mois |
| Framer Free | Landing, portfolio | 1 Go/mois | Non | Badge Framer | 10 $/mois |
| WordPress.com | Blog | Non communiquée | Non | Publicité imposée | 4 $/mois |
La colonne qui compte, c'est le domaine personnalisé. Tous les constructeurs le réservent au payant. Toutes les plateformes statiques l'offrent. Un site professionnel sur un sous-domaine ne se prend pas au sérieux, et Google le traite comme une partie du domaine de l'hébergeur.
Quatre événements déclenchent presque toujours le passage au payant : un domaine personnalisé, du trafic, du code serveur ou un usage commercial.
Le domaine personnalisé est le premier déclencheur chez Wix, Webflow, Framer et WordPress.com. C'est leur modèle économique : le gratuit sert à tester, le domaine se paie. Le trafic vient ensuite. 1 Go par mois chez Webflow ou Framer, c'est quelques milliers de pages vues avec des images non optimisées. Un passage dans une newsletter ou un post LinkedIn qui circule suffit.
Le code serveur est le piège des sites Next.js. Une page statique ne coûte presque rien à servir, une page rendue à chaque requête consomme du CPU. Sur Vercel Hobby, 4 heures de CPU actif par mois partent vite si chaque visite déclenche une requête en base. Si votre site a besoin d'une base, Supabase offre un plan gratuit, mais ses projets inactifs se mettent en pause.
L'usage commercial, enfin, est la limite que tout le monde ignore. Vercel Hobby et GitHub Pages l'interdisent noir sur blanc. Un site d'indépendant qui présente ses services relève déjà de la publicité pour une activité, donc d'un plan payant chez Vercel. Cloudflare Pages ne pose pas cette restriction, et c'est la raison principale pour laquelle je le recommande par défaut.
WordPress complet et gratuit n'existe pas : soit vous acceptez WordPress.com avec publicité et sans extensions, soit vous payez un hébergeur.
Les hébergeurs « gratuits » qui proposent WordPress avec extensions financent le service par de la publicité injectée, des performances médiocres ou une revente de données. Je ne les recommande à personne qui a un objectif professionnel. Le vrai premier prix, c'est un mutualisé comme Bluehost ou PlanetHoster, ou un hébergement géré comme Cloudways quand le trafic monte. J'ai classé ces offres avec leur prix de renouvellement, souvent bien plus élevé que le prix d'appel, dans meilleur hébergeur WordPress.
Il existe une troisième voie pour les profils techniques : générer un WordPress en statique avec une extension d'export, puis héberger le résultat sur Cloudflare Pages. On perd les commentaires et les formulaires natifs, on garde l'éditeur. Pour un blog qui publie une fois par semaine, ça tient.
Chaque profil a son hébergeur gratuit idéal, et le choix se fait sur le type de site plus que sur la marque.
Pour un développeur ou un site statique professionnel : Cloudflare Pages. Pas de plafond de bande passante documenté, usage commercial permis, domaine inclus. Pour un projet Next.js personnel : Vercel Hobby, la meilleure expérience de déploiement, tant que le site ne gagne pas d'argent. Pour un indépendant qui ne code pas : Framer ou Wix pour tester, puis le premier palier payant dès que le site doit porter votre nom de domaine. Pour un blog WordPress : WordPress.com gratuit pour écrire sans enjeu, un hébergeur payant dès qu'il faut des extensions.
Si vous n'avez pas encore choisi votre CMS, commencez par là : le choix de l'outil détermine l'hébergement, jamais l'inverse.