Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir ses factures par une plateforme agréée, et les PME émettront à leur tour en septembre 2027. La plateforme vous rend conforme, elle ne vous fait gagner aucune heure : ce sont la lecture, la validation, l'envoi en comptabilité et l'archivage qui coûtent du temps, et c'est le travail d'une GED. J'ai comparé cinq solutions françaises qui couvrent ce circuit. Aucun prix ne se compare tel quel, parce que chacune facture au volume de documents.
Ce que ce comparatif est, et ce qu'il n'est pas
Ce que j'ai fait
- ✅ Lu les pages offres et tarifs de chaque éditeur le 21 octobre 2026
- ✅ Vérifié qui est plateforme agréée lui-même et qui passe par un partenaire
- ✅ Contrôlé l'intégrateur Deltic au registre national des entreprises
Ce que je n'ai pas fait
- ❌ Utilisé ces outils sur un vrai flux de factures, donc aucune note sur 10
- ❌ Repris les prix d'entrée qui circulent sur ces outils : trois sur quatre ne tiennent pas la vérification
La réforme impose deux obligations distinctes : recevoir des factures électroniques depuis septembre 2026, puis les émettre selon la taille de l'entreprise.
Le calendrier est désormais figé. La réception est obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA depuis le 1er septembre 2026. L'émission l'est depuis la même date pour les grandes entreprises et les ETI, et le sera le 1er septembre 2027 pour les PME, les TPE et les micro-entreprises. Une facture PDF envoyée par mail ne compte plus comme une facture électronique : il faut un format structuré, Factur-X, UBL ou CII.
Ces factures transitent par une plateforme agréée, l'ancienne « plateforme de dématérialisation partenaire » rebaptisée en 2025. Les décomptes publiés mi-octobre en recensent plus de 150. La seule liste qui fait foi est celle de la DGFiP, sur impots.gouv.fr. Le portail public de facturation, lui, ne transmet plus vos factures : il tient l'annuaire national et centralise les données fiscales.
Côté sanction, une facture non émise au format électronique coûte 15 € d'amende, dans la limite de 15 000 € par an. Le montant est faible, le vrai risque est ailleurs : un client grand compte qui ne peut plus traiter votre facture la paie en retard.
Beaucoup de logiciels de gestion ont réglé la question en devenant plateforme agréée ou en s'y raccordant. Pennylane et Qonto sont agréés, Sage et Cegid aussi, quand EBP passe par Shine. J'ai détaillé ces choix éditeur par éditeur dans mon guide des logiciels de facturation.
La plateforme agréée couvre l'étape 1. Les quatre suivantes sont celles qui prennent du temps à votre service comptable.
Une plateforme agréée transporte la facture et déclare ses données au fisc, une GED la lit, la fait valider, la comptabilise et l'archive.
C'est la confusion qui fausse la plupart des comparatifs du sujet, y compris celui que je reprends ici : on y met sur la même ligne un intégrateur, un éditeur de GED, un outil de capture de justificatifs et un fabricant d'imprimantes. Ce ne sont pas des concurrents directs, et leur prix d'entrée ne mesure pas la même chose.
La distinction compte pour une raison simple. Une PME qui reçoit 300 factures fournisseurs par mois est conforme dès qu'elle a désigné sa plateforme. Elle continue pourtant de les ouvrir une à une, de chercher qui doit les valider, de les ressaisir et de les classer. La conformité est réglée, le temps perdu ne l'est pas.
Une GED reprend la main là où la plateforme s'arrête. Elle extrait les données de la facture, la range par fournisseur, l'envoie au bon valideur, la rapproche du bon de commande, pousse l'écriture vers le logiciel comptable et conserve l'original avec une valeur probante. Les éditeurs de GED ont donc presque tous ajouté une plateforme agréée à leur offre, en propre ou par un partenaire.
Trois questions tranchent votre choix : combien de factures traitez-vous par an, sur quel logiciel comptable, et avez-vous besoin d'un circuit de validation à plusieurs niveaux. Un indépendant à 20 factures par mois n'a pas besoin de GED. Un négociant multi-sites à 15 000 documents par an ne s'en passera pas.
Les cinq solutions retenues couvrent le circuit complet, mais seules deux affichent un prix d'entrée que j'ai pu lire sur leur propre site.
| Solution | Ce que c'est | Plateforme agréée | Prix public lu le 21/10/2026 |
|---|---|---|---|
| Deltic | Intégrateur de GED (Zeendoc, DocuWare) | Par la solution déployée | Dès 155 €/mois pour 3 000 documents/an, plus l'installation |
| Zeendoc | Éditeur de GED français | Par des partenaires agréés, Doxallia et Esalink | Offre Nano à 65 €/mois, sur devis au-delà |
| Dext | Capture et lecture de justificatifs | Annoncée par l'éditeur | Page tarifs indisponible |
| Open Bee | Éditeur de GED | Module natif, immatriculation annoncée | Sur demande |
| Konica Minolta | Constructeur et intégrateur GED | Non revendiquée | Sur devis |
Trois prix d'entrée circulent sur ces outils : 29 € pour Zeendoc, 30 € pour Open Bee, 45 € pour Konica Minolta. Aucun n'apparaît sur le site de l'éditeur concerné. Le plus bas que publie Zeendoc est 65 €, Open Bee et Konica Minolta n'en publient aucun.
Deltic n'édite pas de logiciel : c'est un intégrateur de GED installé à Lagord, près de La Rochelle, qui déploie Zeendoc et DocuWare chez ses clients. La société qui l'exploite, D'Matic, est immatriculée depuis 2013 et déclarait entre 10 et 19 salariés en 2024. Deltic se présente comme partenaire « Platinium » des deux éditeurs et revendique plus de 1 000 entreprises clientes.
Son intérêt tient à ce double catalogue. Zeendoc s'appuie sur deux plateformes agréées partenaires, quand DocuWare est agréé lui-même. Un intégrateur qui propose les deux peut vous orienter selon votre volume et votre logiciel comptable, au lieu de vous vendre le seul produit qu'il distribue. La page de Deltic sur la plateforme de dématérialisation partenaire résume bien le sujet : définitions, calendrier, critères de choix et budget.
Les prix sont publics, ce qui est rare dans la catégorie. L'offre Essentielle démarre à 155 € par mois pour 3 000 documents par an, avec utilisateurs illimités, lecture et classement automatiques. L'offre Avancée démarre à 295 € par mois pour 9 000 documents et ajoute le circuit de validation, la passerelle comptable et le collecteur de factures. Au-delà, l'offre Premium passe sur devis. Un essai gratuit de 15 jours est proposé sans carte bancaire.
Le point d'attention est écrit sur la même page : des frais de prestation s'ajoutent à l'abonnement, calculés en jours d'installation et de formation. C'est le modèle normal d'un intégrateur, et c'est ce qui fait la différence avec un outil que vous paramétrez seul. Demandez simplement le nombre de jours chiffré avant de signer.
Zeendoc est l'éditeur que Deltic déploie le plus. Son offre Nano, pensée pour les TPE, coûte 65 € par mois pour 9 utilisateurs et 600 factures par an. Elle inclut la plateforme agréée avec archivage probant, un convertisseur Factur-X, un circuit de validation, la relance client et un connecteur Chorus Pro.
Au-delà, les offres Bronze, Argent et Or montent jusqu'à plus de 18 000 documents par an, avec utilisateurs et stockage illimités, toutes sur devis. La signature électronique, les connecteurs ERP et le rapprochement bancaire passent en option. La grille Zeendoc a le mérite d'expliquer que le prix suit les flux entrants, pas le nombre de personnes.
Dext vient d'un autre monde : la capture de factures et de reçus pour les TPE et les cabinets d'expertise comptable. L'outil lit le justificatif, en extrait les montants et la TVA, puis l'envoie vers le logiciel comptable. Dext annonce être devenu plateforme agréée, sans surcoût pour ses abonnés.
Ce n'est pas une GED au sens de Zeendoc ou de DocuWare : pas de circuit de bon à payer multi-niveaux ni d'archivage documentaire général. C'est un excellent outil de saisie. Sa page tarifs française était indisponible le jour de ma vérification, et je ne reprends donc aucun prix.
Open Bee a fait le choix le plus net : un module de plateforme agréée natif dans ses trois offres, Essential jusqu'à 49 salariés, Advanced de 50 à 249, Enterprise au-delà. L'éditeur se dit immatriculé par la DGFiP et affiche une certification ISO 27001 et un hébergement en France. La page des offres Open Bee détaille ce que chaque niveau couvre.
Les différences se jouent sur le détail. Factur-X est inclus partout, UBL et CII seulement à partir d'Advanced. Le circuit de validation est mono-tâche en Essential, paramétrable au-dessus. L'archivage probant sur 10 ans est inclus dès l'entrée. Aucun prix n'est publié, il faut le demander. Selon Compta Online, Open Bee a rejoint le groupe Konica Minolta en septembre 2026.
Konica Minolta est d'abord connu pour l'impression, mais sa branche GED couvre tout le circuit de la facture fournisseur : collecte, reconnaissance des données, contrôle par un opérateur, circuit de validation, classement et intégration dans Sage, Cegid ou EBP. L'archivage passe par un coffre-fort certifié NF 203.
Son argument est la présence physique, avec plus de 1 800 professionnels en France. Sa page facture électronique désigne encore Chorus Pro comme portail public et ne revendique pas d'agrément propre : faites préciser par écrit quelle plateforme agréée porte vos flux. Le prix passe par un devis en ligne.
Le budget se compose de trois postes : l'abonnement GED, la plateforme agréée et le déploiement, et c'est le troisième qu'on oublie.
Les abonnements publiés donnent un ordre de grandeur. Une TPE à 600 factures par an démarre autour de 65 € par mois, plateforme incluse. Une PME à 3 000 documents par an se situe autour de 155 € par mois, et vers 295 € à 9 000 documents. Les plateformes agréées seules vont de la gratuité à plus de 500 € par mois selon les volumes et l'automatisation.
Le déploiement change l'équation. Connecter la GED à votre ERP, paramétrer les circuits de validation et former les équipes se chiffre en jours de prestation. Une offre sans frais de mise en place n'est pas forcément moins chère : soit vous faites ce travail vous-même, soit il n'est pas fait.
Pour comparer deux devis, ramenez-les à un coût par facture traitée sur trois ans, installation comprise. Une offre à 155 € par mois pour 3 000 documents revient à environ 0,62 € par document avant installation. Comparez ce chiffre au temps qu'une personne passe aujourd'hui à saisir, faire valider et classer une facture.
En dessous de quelques dizaines de factures par mois, votre logiciel de facturation ou votre banque suffit, à condition qu'il soit agréé ou raccordé.
Indy et Tiime couvrent l'indépendant qui tient sa comptabilité seul. Pennylane convient dès que l'expert-comptable entre dans la boucle, et j'ai comparé ses limites avec celles de Qonto dans Pennylane vs Qonto. Pour une PME qui veut le commercial et la facturation dans le même outil, Sellsy et Axonaut sont les deux options françaises à regarder.
La GED devient rentable quand trois signaux apparaissent : plusieurs valideurs par facture, des rapprochements avec des bons de commande, et des archives que vous devez retrouver en cas de contrôle. Si votre comptabilité tourne déjà sur Sage, mon guide Logiciel Sage 2026 détaille le raccordement à la plateforme agréée de l'éditeur.
Le devis d'une GED se juge sur cinq réponses précises, que l'éditeur ou l'intégrateur doit vous donner par écrit.
Chaque prix cité vient de la page de l'éditeur ou de l'intégrateur, lue le 21 octobre 2026. Quand une page était indisponible ou ne publiait pas de prix, je l'écris plutôt que de reprendre un chiffre tiers.
Deltic a été contrôlé au registre national des entreprises : la marque est exploitée par la société D'Matic, immatriculée en 2013 à Lagord, entre 10 et 19 salariés. Le statut de plateforme agréée de chaque solution vient de sa propre déclaration. Vérifiez-le sur la liste officielle de la DGFiP avant de signer.
Je n'ai été client d'aucune de ces solutions. Ce comparatif ne dit donc pas laquelle est la meilleure, il dit ce que chacune fait vraiment, et ce qu'elle coûte quand elle le publie.