Indy est le meilleur outil du marché pour un indépendant français qui veut gérer sa compta seul, sans expert-comptable. Il vise en priorité les BNC en déclaration contrôlée, professions libérales et freelances, à qui il fournit la tenue des comptes et la liasse fiscale. Il devient nettement moins pertinent dès que vous passez en société à l'IS, que vous avez des salariés ou beaucoup de TVA à gérer. Le compte gratuit sert à tester, pas à travailler : le vrai usage est payant, et il reste moins cher qu'un cabinet.
Indy est une application française de comptabilité en ligne conçue pour que l'indépendant tienne lui-même ses comptes et produise ses déclarations sans comptable.
C'est le positionnement à retenir : Indy ne vous met pas en relation avec un cabinet, il remplace le cabinet pour les situations simples. Le produit s'appuie sur la synchronisation de votre compte bancaire professionnel, catégorise les mouvements, et déduit de cette catégorisation vos écritures comptables.
Concrètement, le parcours ressemble à ça. Vous branchez votre banque, vous répondez à des questions en langage courant plutôt qu'en jargon comptable, l'outil range chaque opération dans la bonne case et calcule votre résultat au fil de l'eau. En fin d'exercice, il génère les documents fiscaux et permet la télétransmission. La facturation client et le suivi des règlements sont intégrés.
La différence avec un logiciel de facturation pur comme Henrri tient en un mot : la sortie. Un outil de facturation produit des documents commerciaux. Indy produit une déclaration fiscale. C'est un périmètre bien plus engageant, et ça explique le prix.
Indy est taillé pour le professionnel libéral et le freelance en entreprise individuelle, particulièrement en BNC déclaration contrôlée, qui n'a ni salarié ni structure complexe.
Le profil qui en tire le plus : consultant, développeur, graphiste, thérapeute, infirmier, kiné, avocat en début d'activité. Une seule activité, un compte pro, des charges simples, pas de stock, pas de paie. Dans ce cas précis, l'économie face à un cabinet est franche et le temps passé reste raisonnable.
Le micro-entrepreneur est un cas à part. Au régime micro, votre obligation comptable se limite à un livre de recettes, et un tableur bien tenu suffit légalement. Indy apporte du confort et de la sérénité, pas une obligation. Si votre budget est serré, regardez d'abord les options que j'ai testées dans mon comparatif des logiciels pour auto-entrepreneurs avant de payer un abonnement.
À l'inverse, trois situations où je déconseille Indy franchement :
Indy fonctionne avec une offre gratuite limitée et des formules payantes par abonnement mensuel, dont le prix dépend du niveau d'accompagnement fiscal.
Le principe est simple à comprendre même sans grille chiffrée : plus vous voulez que l'outil prenne en charge la déclaration et la télétransmission, plus vous montez en gamme. Le gratuit permet de connecter sa banque et de voir tourner la catégorisation, ce qui en fait un excellent banc d'essai. Il ne permet pas de boucler un exercice sereinement.
La comparaison qui compte n'est pas Indy contre un autre logiciel, c'est Indy contre les honoraires d'un expert-comptable pour une activité libérale simple. Sur ce terrain, l'écart est massif, d'un ordre de grandeur. C'est la raison d'être du produit et son argument le plus honnête.
Deux réserves avant de sauter le pas :
Une remarque vécue. J'ai vu un consultant basculer d'un cabinet vers Indy pour économiser quelques milliers d'euros par an, puis y passer deux week-ends complets la première année, faute d'avoir catégorisé au fil de l'eau. Le calcul reste gagnant, mais uniquement si vous acceptez la discipline mensuelle. Trente minutes par mois, sinon la dette de saisie vous rattrape en avril.
Le vrai point fort d'Indy, c'est la traduction du jargon comptable en questions compréhensibles, ce qui rend l'autonomie réellement atteignable.
Beaucoup d'outils prétendent simplifier la compta et se contentent de masquer les libellés. Indy va plus loin : il pose la bonne question au bon moment, « ce virement, c'est un revenu client, un remboursement, un apport personnel ? », et construit l'écriture derrière. C'est cette couche pédagogique qui fait la différence pour quelqu'un qui n'a jamais ouvert un plan comptable.
Les autres points solides :
L'ensemble se marie bien avec un compte pro chez Qonto ou Shine, dont la synchronisation est éprouvée. Si vous encaissez en ligne, le rapprochement des flux Stripe demande un peu plus d'attention.
Dernier élément qui pèse plus qu'on ne croit dans la balance : le support est francophone et répond sur des questions fiscales concrètes, pas seulement sur des bugs d'interface. Pour quelqu'un qui découvre la déclaration contrôlée, ça change la nature du produit. Vous n'êtes pas seul devant un formulaire à quatre-vingts cases un dimanche soir. Ce n'est pas du conseil personnalisé, la nuance est réelle, mais c'est très au-dessus de ce qu'offre un logiciel de facturation classique. L'application mobile suit la même logique : elle sert à photographier un justificatif et à jeter un œil au résultat, pas à piloter un exercice.
La limite structurante est le périmètre : Indy couvre l'entreprise individuelle simple, et se dégrade dès que la structure se complexifie.
Ce n'est pas une critique du produit, c'est son choix de positionnement, mais trop d'utilisateurs le découvrent après avoir migré. Détaillons ce qui coince :
Point de méthode enfin : gardez vos justificatifs. L'administration peut les demander, et le fait qu'une opération soit catégorisée dans un logiciel ne remplace pas la pièce. Les règles de conservation sont rappelées sur service-public.fr.
Le choix se joue moins sur les fonctionnalités que sur une question simple : voulez-vous rester autonome ou déléguer à un humain ?
| Solution | Pour qui | Sa force | Sa limite |
|---|---|---|---|
| Indy | Libéral et freelance en EI | Autonomie complète jusqu'à la liasse | Périmètre limité, zéro conseil |
| Tiime | Freelance et TPE | Facturation soignée, entrée gratuite | Compta liée au réseau partenaire |
| Abby | Micro-entrepreneur | Pensé pour le régime micro | Trop léger dès qu'on quitte le micro |
| Keobiz | Qui veut déléguer | Cabinet en ligne à prix fixe | Vous ne choisissez pas l'outil |
| Axonaut | TPE commerciale | Devis, factures, CRM et achats | Compta moins autonome |
| Henrri | Besoin de facturer seulement | Gratuit sur la facturation | Aucune tenue comptable |
| QuickBooks | Activité internationale | Multi-devises solide | Moins ancré dans le fiscal français |
Si vous hésitez entre les deux outils français les plus cités par les freelances, j'ai tranché la question dans Indy vs Freebe. Et si votre besoin principal est de facturer proprement avant de penser comptabilité, mon comparatif des logiciels de facturation pour freelances répond mieux.
La bonne méthode consiste à ouvrir un compte gratuit en milieu d'exercice, brancher la banque, et juger la catégorisation sur trois mois réels.
Le protocole que je conseille :