Lemlist est l'outil de prospection à froid le plus abouti côté délivrabilité et séquences multicanales, édité par la société française lempire depuis 2016. Le plan Email démarre à 55 $ par mois en annuel, le plan Multicanal à 87 $, avec 14 jours d'essai sans carte bancaire. Je pilote une mission de prospection sortante dessus depuis plusieurs mois, et mon verdict tient en une phrase : l'outil fait très bien son travail, mais son coût réel n'est pas celui affiché, parce que l'enrichissement se paie en crédits par-dessus l'abonnement. Pour un indépendant qui envoie deux cents mails par mois, c'est surdimensionné. Pour une équipe qui prospecte sérieusement, ça se défend.
Lemlist sert à construire et automatiser des séquences de prospection à froid qui enchaînent email, LinkedIn, SMS et appels vers une même liste de prospects.
L'éditeur, lempire, est français, basé à Paris, et existe depuis 2016. Une cinquantaine de personnes. L'interface est en anglais, le support répond en français, ce qui règle la question pour la plupart des équipes.
Le principe : vous chargez une liste de contacts, vous définissez une séquence, et l'outil déroule. Jour 0, un email personnalisé. Jour 2, une visite de profil LinkedIn. Jour 4, une demande de connexion. Jour 7, une relance email si aucune réponse. Jour 12, un appel. Chaque étape se conditionne à ce qui s'est passé avant : une réponse arrête tout, une ouverture sans clic déclenche une variante.
Ce que Lemlist a apporté au marché, et qui reste son marqueur, c'est la personnalisation poussée au-delà du prénom. Images générées par destinataire avec son logo ou son site en arrière-plan, variables conditionnelles, blocs de texte différents selon le segment. L'effet de nouveauté s'est émoussé, mais la mécanique reste solide quand elle est utilisée avec discernement.
Deuxième pilier, la délivrabilité. Réchauffement de boîte, vérification des adresses, répartition des envois sur plusieurs expéditeurs, alertes quand un domaine se dégrade. Le sujet est devenu central depuis que Google et Yahoo ont durci leurs exigences pour les expéditeurs, détaillées dans les recommandations officielles de Google. Un outil qui ignore ce terrain vous fait brûler votre domaine en trois semaines.
Troisième pilier, plus récent, la base de leads intégrée. Plus de 650 millions de contacts annoncés, avec recherche d'email et de téléphone. Ça évite d'empiler un Dropcontact, un Full Enrich ou un Pharow à côté, mais ça se paie séparément. J'y reviens.
Lemlist coûte 55 $ par mois en annuel sur le plan Email et 87 $ sur le plan Multicanal, auxquels s'ajoutent des crédits d'enrichissement facturés à l'usage.
| Plan | Annuel | Mensuel | Ce qu'il apporte |
|---|---|---|---|
| 55 $ / mois | 69 $ / mois | 50 000 emails par mois, base de leads, boîte unifiée, hub de délivrabilité | |
| Multicanal | 87 $ / mois | 109 $ / mois | LinkedIn, SMS, WhatsApp, 5 expéditeurs par utilisateur, dialer d'appels |
| Enterprise | Sur devis | Sur devis | À partir de 5 utilisateurs, SSO, rôles personnalisés, account manager |
Les prix sont affichés en dollars, ce qui ajoute un aléa de change pour une entreprise française. L'essai dure 14 jours, sur le plan Multicanal complet, sans carte bancaire. La grille est publique sur la page tarifs de l'éditeur.
Le point à comprendre avant de signer, c'est le second compteur. L'enrichissement fonctionne au succès, en crédits, avec un tarif de l'ordre d'un centime de dollar le crédit. Un email vérifié consomme cinq crédits, un numéro de téléphone vingt, un signal d'intention d'achat de vingt à plusieurs centaines. Traduit en euros de tous les jours : construire une liste de mille contacts enrichis en email vous coûte quelques dizaines de dollars en plus de l'abonnement, et si vous voulez les téléphones, comptez quatre fois plus.
Ce n'est pas une arnaque, c'est un modèle courant chez les fournisseurs de données. Mais ça veut dire que le budget réel d'une équipe qui prospecte à volume n'est pas 87 $ par mois, c'est facilement le double ou le triple. Sur la mission que je pilote, la ligne crédits est loin d'être anecdotique dans le total, et c'est la première chose que je regarde dans le reporting mensuel.
Lemlist gagne sur trois terrains : l'orchestration multicanale réellement conditionnelle, les outils de délivrabilité, et la boîte de réception unifiée.
Sur l'orchestration, la différence avec un simple séquenceur d'emails est nette. Les conditions se posent sur ce que fait le prospect, pas seulement sur le temps écoulé, et LinkedIn est un canal de première classe, pas un bricolage greffé. Un Instantly fait très bien l'email en volume mais reste centré sur ce canal. Un Waalaxy ou un Salesflow attaquent le problème par LinkedIn et ajoutent l'email ensuite. Lemlist est un des rares à traiter les deux à parité.
Sur la délivrabilité, le hub regroupe le réchauffement, la vérification, la rotation d'expéditeurs et le suivi de réputation. C'est le genre de brique qu'on trouve fade jusqu'au jour où un domaine se fait bloquer et où on comprend combien de mois de travail viennent de disparaître. Conseil que j'applique systématiquement : prospectez depuis un domaine secondaire, jamais depuis votre domaine principal, quel que soit l'outil.
Sur la boîte unifiée, tout arrive au même endroit, emails et messages LinkedIn confondus, avec les réponses classées et l'historique de la séquence sous les yeux. Sur une mission à plusieurs campagnes en parallèle, c'est ce qui évite de répondre trois jours plus tard à quelqu'un qui avait dit oui.
Ajoutez les connecteurs vers HubSpot, Pipedrive et Salesforce, plus Zapier et Make pour le reste, et une API correcte. L'outil s'insère dans une stack existante sans exiger qu'on démonte le CRM.
Trois limites pèsent réellement : le ticket d'entrée élevé, le coût variable des crédits, et l'absence totale de plan gratuit.
Le ticket d'entrée d'abord. Un indépendant qui veut envoyer deux cents emails par mois n'a rien à faire à 55 $ par mois. Le rapport entre le coût et le volume ne tient pas. À ce niveau de besoin, un outil de séquence plus modeste, ou même un envoi manuel bien fait, coûte moins et convertit autant. Lemlist devient rentable à partir du moment où quelqu'un passe plusieurs heures par semaine sur la prospection.
Le coût variable ensuite. Je l'ai détaillé plus haut : la facture d'un mois chargé peut doubler celle du mois précédent sans qu'aucun paramètre d'abonnement n'ait bougé. Posez-vous un plafond mensuel de crédits dès le départ, sinon vous découvrirez le montant après coup.
Troisième limite, l'interface en anglais. Ce n'est pas bloquant pour un profil growth ou SDR, ça l'est pour une équipe commerciale terrain peu à l'aise avec la langue. Testez sur la personne qui utilisera l'outil au quotidien, pas sur vous.
Un mot enfin sur la qualité de la base intégrée. Elle est correcte sur les profils tech, marketing et startup, plus inégale sur les PME industrielles françaises et les métiers peu représentés sur LinkedIn. Sur ce type de cible, un Pharow ou un Dropcontact, pensés pour le tissu français, remontent souvent des données plus propres. Vérifiez sur cinquante contacts avant de construire une campagne de deux mille.
Prenez Lemlist si votre prospection combine email et LinkedIn, un outil spécialisé si vous jouez fort sur un seul canal.
| Votre besoin | L'outil qui correspond |
|---|---|
| Email et LinkedIn à parité, délivrabilité soignée | Lemlist |
| Email à très gros volume, prix au plus bas | Instantly |
| LinkedIn d'abord, email en appoint | Waalaxy ou Salesflow |
| Base de données US massive et séquences | Apollo.io |
| Ciblage fin sur le tissu d'entreprises français | Pharow puis un séquenceur |
| Emails vérifiés en amont, données françaises propres | Dropcontact ou Anymail Finder |
| Newsletter et emailing d'opt-in, pas de prospection à froid | Brevo |
Cette dernière ligne mérite un avertissement. Lemlist n'est pas un outil d'emailing marketing et ne doit pas servir à envoyer une newsletter, ni l'inverse. Envoyer de la prospection à froid depuis une plateforme d'emailing d'opt-in est le meilleur moyen de se faire fermer le compte. Si votre besoin est la newsletter, le comparatif des outils d'email marketing traite le sujet à part.
Sur le CRM à brancher derrière, la réponse dépend de votre structure : le comparatif HubSpot contre Pipedrive couvre les deux options les plus courantes, et le guide du meilleur CRM le reste du marché.
Consacrez les deux premières semaines au réchauffement et à la qualité de la liste, pas à l'envoi. C'est l'erreur numéro un.
La trame que j'utilise, dans l'ordre.
Une dernière chose, valable pour n'importe quel outil : la prospection à froid en B2B reste encadrée par le RGPD. Intérêt légitime, message en rapport avec la fonction professionnelle du destinataire, désinscription possible, information au premier contact. La CNIL publie des recommandations claires sur la prospection commerciale. Un outil ne vous met pas en conformité, votre méthode oui.