Agicap est un logiciel français de pilotage de trésorerie, taillé pour des PME et des ETI qui jonglent avec plusieurs comptes bancaires, plusieurs entités et parfois plusieurs devises. Il agrège les soldes en temps réel, construit un prévisionnel roulant et suit à la fois l'encaissement client et le décaissement fournisseur. Le produit est solide, la connectivité bancaire et ERP est l'une des plus larges du marché français. Son défaut majeur tient en une phrase : aucun prix n'est publié, vous ne saurez ce que ça coûte qu'après un rendez-vous commercial. La fiche complète est ici : Agicap.
Agicap est un logiciel de gestion de trésorerie qui centralise vos comptes bancaires et transforme vos flux réels en prévisionnel exploitable au jour le jour.
L'éditeur est une SAS française basée à Lyon, fondée en 2016, qui compte aujourd'hui entre 500 et 1 000 salariés. Le positionnement de départ était étroit et clair : donner aux dirigeants de PME une vision de leur trésorerie autrement que dans un tableur mis à jour le vendredi soir. Depuis, la plateforme s'est élargie à quatre chantiers distincts, la trésorerie proprement dite, le poste clients, le poste fournisseurs et l'exécution des paiements, le tout regroupable dans un pack maison appelé Treasury Suite.
Point important pour éviter le malentendu le plus fréquent : Agicap n'est pas un logiciel de comptabilité. Il ne tient pas vos comptes, ne produit pas votre liasse fiscale et ne remplace pas votre expert-comptable. Il se branche sur votre comptabilité ou votre ERP pour en lire les données et les projeter dans le futur. Si vous cherchez le premier bloc plutôt que le second, regardez plutôt du côté de Pennylane ou de Tiime, et lisez mon avis détaillé sur Pennylane.
La différence avec un tableur, elle, est réelle. Un fichier Excel ne vous dira jamais que le virement client attendu mardi n'est toujours pas arrivé jeudi. Agicap, si.
Vous connectez vos banques et votre outil comptable, la plateforme agrège les flux, puis vous ajustez un prévisionnel qui se recale automatiquement à chaque nouvelle opération.
Les connexions bancaires passent par des agrégateurs conformes DSP2, la directive européenne sur les services de paiement qui a ouvert l'accès aux données de compte. Côté systèmes de gestion, la liste des connecteurs natifs est franchement généreuse pour un éditeur français : SAP S/4 HANA et Business One, Oracle NetSuite, Microsoft Dynamics 365 Business Central, Sage Intacct et Sage X3, Odoo, plus Xero et QuickBooks pour les structures plus légères. Les encaissements en ligne remontent aussi, via Stripe, PayPal, Adyen ou Payplug. Et quand rien de tout ça ne colle, il reste l'import Excel et Google Sheets, ainsi qu'une API et du SFTP.
Cette largeur de connectivité est le vrai argument du produit. Une prévision de trésorerie ne vaut que par la fraîcheur de ses entrées. Un outil qui vous oblige à réimporter un relevé bancaire à la main chaque lundi ne tiendra pas trois mois dans une équipe finance.
Le travail quotidien ressemble à ça : vous voyez le solde consolidé de toutes vos entités, vous comparez le réalisé au prévu, vous ajustez les encaissements décalés, vous simulez un scénario en changeant une hypothèse de recrutement ou de délai de règlement. Les décisions sortent de là. Une application mobile réellement maintenue permet de consulter les soldes sans ouvrir son ordinateur, ce qui reste rare dans cette catégorie d'outils.
Le module fournisseurs suit la même logique dans l'autre sens. Les factures entrantes sont centralisées, passent dans un circuit de validation, puis alimentent le prévisionnel de décaissement avant même d'être payées. C'est ce chaînage qui distingue un outil de trésorerie d'un simple agrégateur de comptes : la facture que vous venez de valider apparaît dans la courbe, pas seulement le jour où l'argent part.
Personne ne peut vous répondre à l'avance, et ce n'est pas une figure de style : Agicap ne publie aucun montant, nulle part, sur aucune de ses pages.
J'ai relevé les grilles tarifaires de plusieurs centaines d'outils pour cet annuaire. Agicap fait partie de la poignée de cas où j'ai refermé l'onglet sans le moindre chiffre. La page tarifs officielle liste les modules commercialisables, gestion de trésorerie, connectivité bancaire et ERP, gestion des dépenses et fournisseurs, paiements, gestion du poste client, puis propose un bouton « Essayer gratuitement ». Aucun euro affiché, aucune fourchette, aucun palier.
Ce qui passe par le devis, concrètement : le prix de chaque module, le nombre d'utilisateurs, le nombre d'entités juridiques, le nombre de connexions bancaires et la durée d'engagement. Autrement dit, à peu près tout ce qui détermine la facture.
Vous trouverez sur les comparateurs des montants allant de 99 à 799 euros par mois. Ne les prenez pas pour argent comptant. Ces chiffres viennent de sources tierces qui se contredisent entre elles, aucune n'est confirmée par l'éditeur, et ils datent souvent d'une version du produit qui n'existe plus. Plusieurs sources rapportent aussi de façon convergente un engagement de douze mois, mais là encore, Agicap ne le documente pas publiquement.
Ma position est nette : l'opacité tarifaire est un choix commercial parfaitement légitime sur un marché ETI, et un vrai frein quand vous êtes une PME de trente personnes qui veut juste savoir si l'outil rentre dans le budget avant d'engager deux heures de démo. Un essai gratuit existe, mais sa durée et ses conditions ne sont pas documentées non plus.
Puisque le prix se négocie, arrivez préparé au rendez-vous commercial et faites chiffrer chaque ligne séparément plutôt qu'un forfait global.
Voici la liste que j'utilise pour cadrer ce type d'entretien. Copiez-la, envoyez-la par mail avant la démo, et demandez les réponses par écrit.
Grille de questions à envoyer avant la démo
- Quel est le prix annuel du socle trésorerie seul, sans aucun module additionnel ?
- Quel est le prix de chaque module additionnel, ligne par ligne ?
- Combien d'utilisateurs sont inclus, et combien coûte l'utilisateur supplémentaire ?
- Combien d'entités juridiques et de connexions bancaires sont incluses ?
- Quelle est la durée d'engagement minimale, et quelles sont les conditions de sortie ?
- Le tarif est-il indexé, et de combien au renouvellement ?
- Les frais de mise en service et d'accompagnement sont-ils facturés à part ?
- Mes banques figurent-elles dans la liste des connexions supportées, nommément ?
- Que se passe-t-il si une connexion bancaire tombe, et sous quel délai est-elle rétablie ?
- Sous quel format puis-je exporter mes données si je pars ?
Les deux dernières questions ne sont pas décoratives. Elles portent sur les deux points qui font mal après la signature.
La force du produit tient à la combinaison entre une consolidation bancaire large et une couverture fonctionnelle qui dépasse la simple prévision de trésorerie.
Le prévisionnel à plusieurs horizons est bien fait, avec un court terme piloté sur les encaissements et décaissements réels et un moyen terme nourri par les hypothèses de l'entreprise. Le multi-entités et le multidevise sont natifs, pas rajoutés au forceps, ce qui est exactement le besoin d'un groupe avec trois filiales et un compte en livres sterling.
Le poste clients mérite une mention. Relancer les impayés est le levier de trésorerie le plus rentable et le moins exploité dans les PME françaises. Le dernier rapport de l'Observatoire des délais de paiement chiffre le retard moyen à 13,6 jours fin 2024, et estime que la suppression de ces retards rendrait environ 15 milliards d'euros de trésorerie aux PME. Automatiser la relance vaut souvent mieux que négocier un découvert.
Côté sécurité, le dossier est propre. L'éditeur documente une certification ISO 27001:2022 obtenue en 2024, un hébergement sur les datacenters Google Cloud situés en Belgique, un chiffrement TLS 1.2 ou supérieur en transit et AES-256 au repos. Pour un outil qui voit passer l'intégralité de vos flux bancaires, ce niveau d'exigence est le minimum, et il est tenu.
Deux reproches ressortent avec constance, l'opacité du prix et la fragilité occasionnelle des connexions bancaires.
Sur le prix, j'ai dit ce que j'en pensais plus haut. J'ajoute un point pratique : l'engagement de douze mois, s'il est confirmé dans votre contrat, transforme une erreur de casting en erreur coûteuse. Vous ne testerez pas Agicap trois mois pour voir.
Sur les connexions bancaires, plusieurs utilisateurs signalent des réautorisations fréquentes. Ce n'est pas propre à Agicap, c'est une conséquence directe du cadre DSP2, qui impose de réauthentifier périodiquement l'accès aux comptes. Mais quand vous avez huit banques et quatre entités, la corvée devient réelle et elle retombe sur quelqu'un dans l'équipe finance.
Le troisième point est plus stratégique. Le périmètre du produit s'élargit vite, de la trésorerie aux paiements en passant par le poste fournisseurs. Cette expansion rend la comparaison avec des concurrents plus difficile, et elle pousse mécaniquement le panier moyen vers le haut. Vérifiez que vous payez pour ce que vous utilisez vraiment, pas pour une suite dont vous n'activerez que le quart.
Enfin, le tarif reste jugé élevé pour une petite structure. Une entreprise de moins de dix salariés avec un seul compte bancaire n'a aucun besoin de cet outil, et le sait généralement au bout de la première démo.
Agicap se justifie quand la complexité de vos flux dépasse ce qu'un tableur peut suivre honnêtement, et pas avant.
| Profil | Verdict |
|---|---|
| PME ou ETI, plusieurs comptes bancaires | Pertinent, c'est la cible |
| Groupe multi-entités ou multidevise | Pertinent, le point fort du produit |
| DAF ou trésorier dédié dans l'équipe | Pertinent, l'outil trouve son utilisateur |
| TPE, un seul compte, moins de dix salariés | Surdimensionné |
| Indépendant ou freelance | Hors sujet, un outil de compta suffit |
| Vous voulez comparer les prix sans rendez-vous | Impossible, passez votre chemin |
Le vrai critère de décision n'est pas votre chiffre d'affaires, c'est le nombre de sources de flux que vous devez réconcilier. Deux comptes bancaires et une facturation régulière se pilotent très bien autrement. Six comptes, trois filiales et des règlements clients à soixante jours, non.
Le détail des modules, des intégrations et du verdict est consigné sur la fiche Agicap de l'annuaire, que je remets à jour à chaque changement notable côté éditeur.
Un second critère, moins évident : la personne qui va s'en servir. Un logiciel de trésorerie ne se pilote pas tout seul, il demande quelqu'un qui met à jour les hypothèses, arbitre les décalages et fait vivre le prévisionnel. Si personne dans l'équipe n'a ce temps ni ce réflexe, l'outil se transforme en abonnement dormant au bout de deux mois. J'ai vu ce scénario plus souvent que l'inverse, et il n'a rien à voir avec la qualité du produit.
Il n'existe pas d'équivalent strict d'Agicap dans cet annuaire, alors la bonne approche consiste à découper le besoin et à traiter chaque morceau avec l'outil adapté.
Pour le pilotage quotidien d'une TPE, le compte pro fait déjà beaucoup. Qonto donne une vision claire des flux, des catégories de dépenses et des cartes de l'équipe, et Shine couvre le même terrain sur des structures plus petites. Ce n'est pas de la prévision de trésorerie, mais pour une entreprise avec un seul compte, c'est souvent suffisant.
Pour lier comptabilité et vision financière, Pennylane reste la référence francophone, avec une synchronisation bancaire et un tableau de bord orienté dirigeant. Le comparatif Pennylane contre Qonto détaille où passe la frontière entre les deux.
Pour attaquer le poste clients sans acheter une suite complète, Sellsy gère la facturation et la relance dans un seul flux, et Axonaut fait la même chose sur un périmètre TPE-PME plus large, devis inclus. Mon avis sur Sellsy revient sur ses vrais tarifs et ses limites.
Pour le reporting, un outil de dataviz comme Power BI ou Looker Studio branché sur vos exports bancaires fait un tableau de bord de trésorerie très correct pour un coût marginal. C'est plus artisanal, ça demande une demi-journée de mise en place et une routine d'export, c'est nettement moins cher.
Pour un indépendant, la question ne se pose pas. Indy couvre compta, déclarations et suivi de trésorerie pour une fraction du prix, et j'en parle en détail dans mon avis sur Indy.
Dernier scénario, celui du groupe qui a besoin de consolider sans acheter une suite complète : Joiin agrège plusieurs jeux de comptes et sort un reporting multi-entités propre. Combiné à un export bancaire régulier, il couvre une bonne partie de ce que vous iriez chercher chez Agicap, avec moins d'automatisme et beaucoup moins de facture. Le choix se joue alors sur le temps de manipulation que vous acceptez d'y mettre chaque mois.